mince alorsMince alors n’est pas le nom du dernier régime miracle mais le titre du troisième film de Charlotte de Turckheim. Réunissant minceur, forme et santé, cette chronique sociale qui conjugue à merveille surpoids et amitié tout en évitant le piège de l’humour gras est une belle occasion de rompre le fil de ce blog par ce petit billet cinématographique . Le film Mince alors est aussi le prétexte idéal pour examiner la place de la minceur dans notre société et de la tyrannie que son culte exerce sur bien des femmes.

L’article “Mince alors” est écrit par Jean-Pascal, du blog “les livres du bien-être“.

La minceur et le regard ou l’attention des autres

Les hommes préfèrent les grosses. C’est peut-être bien connu mais ils se retournent plus volontiers sur une silhouette élancée que sur des formes un peu enveloppées. Pour conserver l’amour de son mari visiblement attiré par des femmes filiformes, Nina, l’héroïne de Mince alors interprétée avec grâce par Lola Dewaere, accepte d’effectuer la cure d’amaigrissement qu’il lui offre. Cette très jolie jeune femme un peu ronde se résigne à contrarier un physique naturellement généreux pour plaire à celui pour lequel elle a déjà sacrifié sa passion de la création et du dessin de mode au profit de la gestion financière de l’entreprise.

La quadragénaire séductrice de « Mince alors » est incarnée avec brio par Victoria Abril

Qui mieux que cette actrice à la verve pétillante et au verbe innocemment gaulois pouvait endosser dans Mince alors le rôle d’une ex-obèse devenue quadragénaire mince obsédée par le sexe et la séduction après avoir été plaquée par son mari au profit d’une jeune de 25 ans. Elle est ainsi l’ambassadrice de toutes celles qui réagissent (parfois de manière excessive) face aux effets de l’âge et pour qui minceur et jeunesse vont de pair au prix de séances quotidiennes dans les salles de sport, de privations alimentaires drastiques, voire de chirurgie esthétique avec des avantages et inconvénients.

Le surpoids vécu comme une fatalité

Ici encore, certaines et certains se reconnaitront dans  Mince alors en la personne de la mère de famille, campée par Catherine Hosmalin, qui renonce autant à maigrir qu’à vivre le désir et qui se persuade alors d’assumer ses kilos superflus. La résignation face au surpoids est parfois plus confortable que la réaction même si, contrairement au cas de Nina, l’excès pondéral est ici pathologique et finira tôt au tard par entrainer des troubles de la santé.

Sans complaisance ni volonté moralisatrice, cette agréable comédie passe ainsi en revue les différentes situations de surpoids. C’est ainsi que l’évocation de la relation très étroite entre le surpoids et des troubles d’ordre affectif produira chez certaines et certains un effet miroir de prise de conscience de leur situation même si Mince alors est une comédie légère qui se veut avant tout un agréable divertissement sur le thème de l’amitié improbable entre des femmes si différentes avec le surpoids comme fil conducteur. Mince alors, un film à voir pour se détendre, problème de surpoids ou non.

Jean-Pascal, auteur du blog « les-livres-du-bien-etre.com »